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Diplomatie citoyenne: Une femme parle de son expérience positive

Il y a trois semaines, j’ai reçu une invitation de la part de l’Initiative de partenariat avec le Moyen Orient (MEPI) et le département d’état du gouvernement américain pour participer à une conférence intitulée « La femme et la réforme politique en Afrique du Nord et au Moyen Orient ».

Le but de cette invitation était d’amener aux USA 16 femmes « dirigeantes » de différents secteurs d’activité et provenant du monde arabe et de leur donner l’occasion d’influer sur les décideurs politiques américains en leur communicant leur vision moyen-orientale sur la politique étrangère américaine.

J’ai longtemps réfléchi au sujet de cette invitation. Et je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux développements avant-gardistes qui ont eu lieu dans mon pays, l’Arabie Saoudite, depuis six ans environ, et de constater que ces développements m’ont permis, à moi et à d’autres femmes de mon pays, de participer à des programmes d’échanges internationaux, comme celui pour lequel je viens d’être invitée.

Je pensais aux développements qui ont fait que des femmes accompagnent le roi Abdullah durant ses visites officielles d’états. Ces développements qui ont permis aux citoyens Saoudiens de communiquer leurs voix critiques sur des sujets qui concernent leurs vies quotidiennes. Et plus encore, des développements qui ont renforcé les médias et leur ont permis de se déployer pour révéler des vérités cachées et de demander aux gens de rendre des comptes.

Depuis le 11 septembre, mon pays, en particulier, et les nations musulmanes en général, ont été en mission pour se réformer dans le but d’atteindre une plus grande stabilité. Pour certains, les développements cités plus haut ne sont pas très importants, mais pour les autres, et ils sont majoritaires, y compris pour moi-même, ils sont les préalables nécessaires à une réforme progressive et à une stratégie de démocratisation demandée par notre feu Roi Fahd et réitérée par le Roi Abdullah. Ces développements sont d’ailleurs documentés au sein du « programme d’action sur 10 ans » signé par les états membres de l’organisation de la conférence islamique durant le troisième sommet tenu à La Mecque en 2005.

Revenons à l’invitation que je tiens en main. Je ne pouvais m’empêcher non plus de penser au but de cette visite, qui pourrait être sujette à différentes interprétations. Mais j’ai préféré la considérer comme l’opportunité parfaite d’engager un dialogue et une diplomatie citoyenne avec mes hôtes. Donc, je me demandais quels seraient le ou les messages importants à communiquer durant cette visite intéressante ?

Ma première décision était de me situer en tant que citoyenne qui tenait d’abord au développement et à la stabilité de son pays, l’Arabie Saoudite, puis à la sécurité de ce monde et de ses habitants. A partir de là, j’espérais partager avec mes hôtes ce que je considère comme étant les fondements prioritaires à respecter par chaque pays, avant de s’engager ou d’engager un autre pays dans un processus de réforme obligatoire.

Ces fondements prioritaires ont été, sont, et continueront à être universels par nature. Ils sont les priorités de ce qu’on appelle l’état de « stabilité et paix régionale ». Sans ces priorités, les véritables réformes risquent de s’effriter, et s’il serait vraiment nécessaire de presser un pays pour qu’il adopte des mesures de réformes sincères, il faudra toujours garder ces priorités en tête et ne pas les perdre de vue.

Mon message suivant consisterait à leur montrer comment respecter ces priorités. Simple : en investissant dans le peuple et leur assurer ses besoins fondamentaux. En fin de compte, tout ce que demande le peuple est d’être capable de vivre une vie décente. Une vie qui offre un large choix professionnel, un travail qui assure l’avenir et celui de leurs enfants, des soins médicaux adéquats, un bon système d’éducation, dans un environnement de sécurité et de justice. En investissant dans le peuple pour assurer à une nation ses besoins fondamentaux, revient à appliquer la théorie de Maslow par rapport aux besoins humains. Sans eux, paix et stabilité cesseront d’exister.

Je dirai à mes hôtes que les USA peuvent jouer un rôle réellement constructif dans ce que je viens de dire auparavant. Ce rôle pourrait être concrétisé en révisant leurs précédentes politiques de partenariat, et ce en les construisant autour de l’éducation et de la formation, ainsi que des programmes d’échange culturel. C’est d’ailleurs ce qui a été accompli au passé : l’exemple d’Aramco et de la commission royale de Yanbu et Jubail pourront en témoigner. Il n’y aurait pas de raison de s’arrêter là.

En plus, mes hôtes pourraient investir encore dans les programmes les plus spécialisés du MEPI comme les bourses d’études et les programmes d’échange qui permettent de développer les capacités de ceux ou celles qui y adhérent.

Finalement, les USA pourraient aider à transférer quelques une de leurs « bonnes pratiques », comme « Hands on Atlanta », un programme de promotion du volontariat dans la ville d’Atlanta, et d’autres programmes servant à renforcer les capacités et le rôle des citoyens en vue de les engager et les faire participer à la vie de leur communauté et à son développement. Une fois ce type de programme installé, les besoins des citoyens seront assurés et un partenariat progressif entre les gouvernements et leurs peuples commencera à émerger.

Aujourd’hui, je crois que les plus grands défis des pays arabes sont d’abord de répondre au besoin de se réformer sans perdre leur stabilité nationale, ensuite de se diriger vers la libéralisation sans créer des conflits sociaux, et enfin de promouvoir le processus de démocratisation quand leur peuple n’en a pas les capacités suffisante. L’éducation, les programmes culturels et les activités d’échanges internationaux sont les clés pour affronter et réussir tous ces défis.

Traduit de l’article original intitulé : “Peace and Stability: Prerequisites for Reform,” par Fatin Bundagji. (fatin@bundagji.com) March 7, 2008, http://www.arabnews.com/.

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