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Les Etats Unis et la Communauté Internationale se penchent sur le renforcement de la liberté sur Internet

Une action du Département d’Etat, un rapport sur la liberté d’expression citent des restrictions enligne

Par Eric Green
Editeur auprès du Washington File

Washington – Les Etats Unis et la communauté internationale s’intéressent de plus en plus au problème épineux du libre accès à l’Internet et aux gouvernements qui cherchent à limiter son utilisation, en disséminant la culture des droits de l’homme et de la démocratie.
Pour mettre la lumière sur ce problème, le Département d’Etat Américain a organisé le 30 janvier dernier une conférence sur la Liberté sur Internet sous l’égide du Groupe de Travail pour la Liberté Universelle sur Internet (GIFT). La Secrétaire d’Etat Mme State Condoleezza Rice a mis en place ce groupe de travail en février 2006, pour entre autres objectifs l’étude des pratiques des régimes répressifs contrôlant la libre circulation de l’information sur Internet.

La conférence a réuni des représentants du Département d’Etat, du monde des affaires et des organisations des droits de l’homme, ainsi que des dirigeants des grandes entreprises de l’Internet Yahoo et Google, ainsi de Microsoft.

Un représentant du Département d’Etat, M. Jeffrey Krilla a dit à USINFO que le groupe éclectique des participants a échangé un grand nombre d’idées sur la façon avec laquelle on pouvait combattre la censure sur Internet.

M. Krilla, qui est adjoint au sous-secrétaire d’Etat pour la Démocratie, les Droits de l’Homme et le Travail, a ajouté que son bureau a récemment alloué 500.000 dollars de son « Fonds pour les Droits de l’Homme et la Démocratie » pour soutenir des projets œuvrant pour la liberté sur Internet. En outre, la prochaine publication par le Département de ses rapports annuels sur la situation des droits de l’homme dans les différents pays aura une section totalement dédiée à la liberté d’expression sur Internet. Ce rapport sera publié « au cours du prochain mois » a indiqué M. Krilla.

Cette section dédiée à Internet, d’après M. Krilla, reflète l’attention accrue des autorités américaines contre les régimes répressifs qui violent les normes internationales en matière de liberté d’expression, en sanctionnant les individus ou les groupes qui utilisent la « cyber-technologie » pour s’exprimer pacifiquement contre les politiques officielles.

Paula Dobriansky, la Sous Secrétaire d’Etat Américaine pour la Démocratie et les Affaires Mondiales a fait publier un communiqué lors de la conférence stipulant le renforcement par le Département de son suivi des défis entravant la liberté sur Internet dans les différents pays du monde.

Le Département d’Etat a indiqué qu’un meilleur accès à l’Internet représente une composante clé de la stratégie globale du Gouvernement américain pour renforcer la liberté sur la toile. Ceci peut être accompli à travers des programmes tels l’initiative de liberté digitale entre les secteurs public et privé. Cette initiative a impliqué des compagnies telles que Intel, Cisco, Motorola, Voxiva et Hewlett-Packard pour soutenir le gouvernement péruvien dans ses efforts pour permettre l’accès à Internet à plus de 1000 communautés rurales de ce pays sud américain.

La conférence du 30 janvier organisée par le Département d’Etat comportait deux panels de discussion, le premier sur les effets de la censure sur Internet, et le deuxième sur « la liberté sur Internet » - un titre raccourci pour désigner ce que le Département appelle « Liberté d’expression et la libre circulation de l’information enligne ».

UN POINT DE VUE DU SECTEUR PRIVE

Un participant à la conférence, Alexis Krajeski, analyste en matière de gouvernance et de développement durable auprès de l’entreprise de gestion de crédits F&C basée à Londres a déclaré à USINFO que « c ‘est un monde fou, fou » concernant l’Internet à cause de sa situation actuelle « complètement non réglementée ».

Ce manque de réglementation, a-t-elle ajouté, soulève des questions sur ce qu’on pourrait désigner par liberté d’expression appropriée enligne, et comment protéger la vie privée des clients contre les « voleurs d’identités » et les « agents cachés » qui essaient de voler les numéros de cartes de crédit ou de sécurité sociale pour des fins illégales et néfastes.

Krajeski, qui travaille dans l’agence bostonienne de son entreprise, a dit qu’elle a trouvé la conférence du Département d’Etat fort intéressante, car elle a mis en exergue une question clé, à savoir quel « rôle approprié » pourrait le gouvernement américain jouer en matière d’accès enligne et de la liberté d’expression sur Internet. Ce problème, a-t-elle ajouté, doit concilier entre la sécurité nationale et la protection de la vie privée des personnes.

Krajeski est le co-auteur du rapport publié par son entreprise sur la façon avec laquelle les compagnies de technologies, de médias, et de télécommunications pourraient faire face aux défis permettant aux utilisateurs d’avoir un accès libre aux informations tout en préservant leur sécurité et leur vie privée. Ce rapport, intitulé ‘Gérer l’Accès, la Sécurité et la Vie Privée dans une Economie Numérique Mondiale (Managing Access, Security & Privacy in the Global Digital Economy), recommande des « principes de bonne pratique » en matière d’accès, de sécurité et de vie privée, en tirant l’attention sur le fait que les nouvelles technologies servent à traquer les dissidents politiques et à bâillonner la liberté d’expression.

EMPRISONNEMENT DE CYBERDISSIDENTS

Reporters-sans-frontières, un groupe basé à Paris œuvrant pour la liberté de la presse, a publié un communiqué en date du 1er février indiquant que 60 personnes sont actuellement emprisonnés à travers le monde pour avoir critiqué leurs gouvernements sur la toile.

Le rapport a ajouté que la Chine, avec 50 personnes en prison, constitue, et de loin, la « pire prison » au monde pour les cyberdissidents. Quatre autres dissidents sont enfermés au Vietnam, trois en Syrie, et un en Tunisie, un en Libye et un autre en Iran.

Les utilisateurs d’Internet sont entrain de développer de nouvelles solutions pour faire face aux régimes dictatoriaux en créant de nouvelles technologies, en codant leurs emails et en utilisant d’autres méthodes qui ne soient pas encore détectées par les organismes de contrôle d’Internet, a encore ajouté Reporters-sans-frontières. Cependant, la Chine et d’autres régimes répressifs sont accusés de « filtrer » les sites web qu’ils considèrent menaçant leurs politiques.

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