John Negroponte : l'essor de la démocratie profitera au monde entier
USINFO, 19 novembre 2007
Propos du secrétaire d'État adjoint des États-Unis devant les délégués des États membres de la Communauté des démocraties à Bamako (Mali)
Par Charles W. Corey
Rédacteur de l'USINFO
Washington - Le nombre des démocraties dans le monde a presque triplé en vingt-cinq ans, et le monde profitera encore plus de la stabilité résultant d'une nouvelle expansion de la démocratie et du développement économique, a déclaré le secrétaire d'État adjoint, M. John Negroponte, le 15 novembre à Bamako (Mali), lors du discours qu'il a prononcé au forum ministériel de la Communauté des démocraties.
Du fait de l'accroissement du nombre des États dotés d'un régime démocratique, a-t-il dit, « des personnes de toute race, de toute religion et de toutes les parties du monde réalisent maintenant leurs aspirations à la démocratie et à l'État de droit. Là où ce n'est pas possible, on observe des conflits, de la violence et un appauvrissement.
« Ici en Afrique, un réveil démocratique a permis de mettre fin aux conflits auxquels le Liberia, la Sierra Leone, l'Angola et le Mozambique étaient en proie depuis plus de dix ans. » Les efforts en matière de maintien de la paix au Soudan et en Somalie se poursuivent et se fondent « sur la présomption selon laquelle l'accroissement de la sécurité contribuera à ouvrir la voie à des élections démocratiques ».
Paraphrasant les propos du président Bush, M. Negroponte a déclaré que les délégués des États démocratiques s'étaient réunis à Bamako pour favoriser « les exigences non négociables de la dignité humaine ».
« Notre politique, a-t-il indiqué, se fonde sur la conviction selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Favoriser l'application de ces principes n'est pas seulement bien sur le plan moral, mais revêt aussi un intérêt stratégique et pratique pour nous tous. »
Si chaque pays doit trouver la forme de régime démocratique qui convient le mieux à ses habitants, certaines conditions sont cependant nécessaires, a-t-il fait remarquer. Il s'agit de la liberté d'expression et de réunion, d'un dialogue entre tous les éléments de la société, d'un système efficace de poids et de contrepoids et du respect de l'État de droit.
Le secrétaire d'État adjoint a cependant reconnu que le chemin menant à la démocratie était souvent ardu. « Nous nous rendons compte des difficultés. Il n'y a pas de raccourci », a-t-il dit.
À propos des étapes antérieures de son voyage en Afrique, il a déclaré qu'il avait souligné en Côte d'Ivoire que l'application de la feuille de route adoptée par les anciennes factions belligérantes remettrait le pays sur la voie de la démocratie.
Au Burkina Faso, il s'est entretenu avec le président Blaise Compaoré, l'auteur des accords de paix en Côte d'Ivoire, de la façon dont la communauté internationale pouvait œuvrer de concert pour inciter le président de ce pays, M. Laurent Gbagbo, à appliquer sans tarder ces accords.
Avant d'arriver à Bamako, M. Negroponte s'était rendu au Nigeria et, à propos des élections qui se sont tenues dans ce pays, il a déclaré qu'elles avaient été « faussées » et qu'elles avaient en outre « suscité la condamnation de la communauté internationale et soulevé des questions légitimes à propos du nouveau gouvernement ».
Il n'en demeure pas moins, a-t-il affirmé, qu'il a quitté Abuja « encouragé par le respect manifesté par le président Umaru Musa Yar'Adua à l'égard de la primauté du droit et son engagement public d'appuyer une bonne gouvernance et la transparence et par les résultats émis par une commission électorale indépendante ».
M. Negroponte a expliqué qu'il s'était entretenu, au Nigeria et en Côte d'Ivoire, avec des représentants de la société civile dynamique et de la presse libre. « Ils m'ont parlé de la frustration ressentie par les gens à propos de la violence et de la corruption et de leur désir d'avoir un gouvernement capable et la prospérité. Comme tous les pays, le Nigeria et la Côte d'Ivoire ont fait quelques faux pas sur le chemin conduisant à la démocratie, mais étant donné que les dirigeants de ces deux pays reconnaissent la nécessité de la réforme, leur route se poursuit. Nous devons leur apporter notre aide et les soutenir et j'attends avec impatience le jour où nous pourrons les accueillir au sein de cette communauté des démocraties », a-t-il déclaré.
M. Negroponte a expliqué qu'il s'était entretenu, au Nigeria et en Côte d'Ivoire, avec des représentants de la société civile dynamique et de la presse libre. « Ils m'ont parlé de la frustration ressentie par les gens à propos de la violence et de la corruption et de leur désir d'avoir un gouvernement capable et la prospérité. Comme tous les pays, le Nigeria et la Côte d'Ivoire ont fait quelques faux pas sur le chemin conduisant à la démocratie, mais étant donné que les dirigeants de ces deux pays reconnaissent la nécessité de la réforme, leur route se poursuit. Nous devons leur apporter notre aide et les soutenir et j'attends avec impatience le jour où nous pourrons les accueillir au sein de cette communauté des démocraties », a-t-il déclaré.
Il a exhorté en outre les délégués à la Conférence de Bamako d'aider les pays « où les élections risquent de n'être qu'un outil permettant d'accumuler les pouvoirs, où les dirigeants cherchent à utiliser le mandat que leur ont donné les électeurs pour éliminer les mécanismes de poids et contrepoids et saper les institutions démocratiques ».
Et d'ajouter : « La démocratie est gouvernée par des lois et des institutions, et non pas par des particuliers. Elle ne concentre pas le pouvoir chez une personne ou un ministère. Elle ne bâillonne pas la presse et ne se sert pas de fusils pour faire taire ses adversaires. Elle ne ferme pas les ONG ou les institutions de la société civile. Nous devons rappeler à ceux qui sont élus de façon démocratique qu'ils ont une responsabilité, tant envers leur peuple qu'envers la communauté internationale, de gouverner démocratiquement. Et s'ils ne le font pas, alors toutes les démocraties responsables, où qu'elles se trouvent, ont le devoir de leur réclamer des comptes. »
La Communauté des démocraties, a souligné M. Negroponte, sert précisément, et de plus en plus souvent, à promouvoir les valeurs démocratiques et les meilleures pratiques.
Il a rappelé que les États-Unis appuyaient le développement de la démocratie par le truchement de la Société du compte du millénaire, précisant : « Nous faisons bénéficier de notre aide à l'étranger ces dirigeants qui gouvernent équitablement, encouragent la liberté économique et investissent dans leur population. »
Il s'est engagé à continuer de dénoncer le manque de progrès au plan démocratique, notamment en Birmanie où la répression des moines et des manifestants qui se poursuit « choque » le monde entier ; à Cuba, où le régime Castro « n'a jamais respecté ses promesses de prospérité économique, de liberté individuelle et de droits de l'homme », et au Zimbabwe, où le gouvernement de M. Mugabe « s'accroche désespérément au pouvoir alors même qu'il est en train de détruire l'économie ».
Il a conclu ses propos en faisant part de son optimisme et de sa confiance, déclarant : « Jamais n'avons-nous été aussi unis lorsqu'il s'agit de tracer la voie conduisant vers de meilleurs débouchés pour tous les hommes, femmes et enfants du monde entier ».