L’IREX organise une conférence sur le journalisme citoyen
Du 23 au 25 mai 2008, l’IREX a réuni à Casablanca, Maroc des bloggeurs maghrébins venant de Tunisie, d’Algérie, du Maroc, de France, du Canada, etc. pour participer à un atelier, financé par le MEPI, sur le journalisme citoyen au Maghreb. 26 participants au total dont 9 Tunisiens, 4 Algériens, 8 Marocains, un Libyen et 5 autres experts internationaux.
L'IREX est une organisation internationale à but non lucratif qui offre des programmes innovateurs de leadership permettant d'améliorer la qualité de l'éducation, de renforcer les medias indépendants, et de promouvoir le développement de la société civile pluraliste. Et c'est dans le cadre de sa collaboration avec le MEPI que ce programme de renforcement des medias indépendants a vu le jour et que cet atelier s'est tenu comprenant l’utilisation des blogs et de tout mécanisme permettant à un large éventail d’acteurs de rapporter, expliquer, analyser et commenter des événements.
Dans les pays du Maghreb, région où les média se battent tous les jours pour plus de liberté, cette forme de journalisme est devenue un élément important pour communiquer et relayer des informations importantes sur la société en général. Elle est en effet effectuée avec beaucoup plus de liberté qu’à travers les médias traditionnels. Ces relais d'information sont devenus complémentaires aux journalistes professionnels et amateurs, lesquels les considèrent parfois comme source d’information.
Consciente du rôle et du pouvoir des bloggeurs, l'IREX a voulu, à travers des blogs choisis entre autres selon la qualité de leur contenu et leur notoriété, établir l'intersection entre le journalisme citoyen et les medias traditionnels, et par la même occasion pousser vers une réflexion autour de l’application de la liberté de pensée et d'expression à travers l’utilisation des Blogs.
Le contenu du programme élaboré par l’IREX permettait aux participants d’élargir leurs connaissances en matière d’utilisation des blogs et l’utilisation de divers moyens pour mieux produire et faire circuler l’information. Les sessions comprenaient des thèmes tel que l’éthique, la crédibilité et la qualité du contenu aussi bien que les technologies émergeante pour les journalistes citoyens. Toutes les sessions étaient traduites en arabe, en français et en anglais, et dirigées ou modérées par des experts. Un effort a été déployé pour encourager le débat ouvert entre les participants.
Cet atelier réunissant des bloggeurs maghrébins venant d'horizons différents a été enrichi par la présence de Mahmood Al Youssef, un «bridge bloggeur» du Bahrein qui agit, entre autres, pour réduire l'écart entre Sunnites et Shiites et de Daoud Kuttab, professeur Palestinien de journalisme vivant en Jordanie et invité régulièrement à l'université de Princeton aux Etats Unies pour donner des cours sur les nouveaux medias arabes. Il participe activement aux efforts visant la liberté des medias au Moyen-Orient et s'est déjà vu décerner des prix en tant que journaliste indépendant. Il y avait également Clothilde Le Coz (France); directrice du bureau «Internet et Libertés», à Reporters Sans Frontières et Prof. Jamal Eddine Naji (Maroc), responsable de la chaire de communication publique et communautaire à l’UNESCO.
Massir, une bloggeuse tunisienne bien connue, a déclaré que cet atelier était important puisque ce type de débats ouverts sont « rarement organisés pour les citoyens vivant au Maghreb ». Le bloggeur algérien Haddar a noté l’impact humain positif d’un tel événement. « Cette rencontre, qui a réuni des gens de différentes occupations et de différents âges, était un réel enrichissement pour tous » a-t-il dit.
« Nous avons passé quelques jours ensembles et nous avons débattus sans langue de bois ni autocensure, c’est vraiment une expérience formidable » a ajouté un bloggeur Marocain. Certains participants ont confié qu’ils se sont « sentis pour la première fois libres de penser autrement et surtout libres de parler et de s’exprimer ».
Tous les participants ont convenu de rester en contact à travers les outils communautaires sur internet. L’occasion pour eux de continuer à débattre et de partager leurs connaissances en matière de journalisme citoyen.