Penser globalement, et agir localement au Liban
Promouvoir la démocratie et développer la participation au sein de la société Libanaise, sont parmi les sujets centraux du travail du CESMO (Centre d’études stratégiques pour le Moyen-Orient) et de son projet de « restauration de l’implication citoyenne dans les affaires publiques » que le MEPI vient de financer.
L’état Libanais a été décrit par plusieurs analystes comme étant un des états les plus fragiles de la région.
Ceci est dû, d’une part, à son modèle unique de société, accordant la priorité aux droits des communautés religieuses plutôt qu’aux droits des individus. Ce qui a donné naissance à une société fragmentée, composée de communautés séparées vivant cote à cote, sans aucune tentative d’intégration. Chacune de ces communautés fait allégeance à ses leaders religieux féodaux plutôt qu’à l’état.
D’autre part, plus de trente années de guerres répétées, sans véritables trêves, ont démoli toute tentative à la décentralisation, et ont affaibli les autorités locales au point que les citoyens ne croient plus véritablement à l’utilité de participer à l’avancée du système.
Le projet du CESMO s’est donc fixé un objectif, celui de raviver la culture de la participation locale, en montrant aux citoyens de la ville de Tripoli et les villages qui l’entourent qu’ils peuvent et doivent participer à « leurs propres affaires ».
« Puisque ce projet répondait aux priorités multiples du MEPI (soutenir la société civile locale, promouvoir les réseaux, encourager la femme à participation dans la vie publique, promouvoir la bonne gouvernance et éveiller la conscience publique ainsi que l’implication dans les sujets politiques courants), nous avons approché le MEPI, lequel a revu et approuvé le projet que nous avons proposé » a expliqué Flavia Adib du CESMO. « Cela a été le point de départ d’un fructueux partenariat » a-t-elle ajouté.
Cette collaboration s’est construite sur une coopération étroite qui a permis une flexibilité suffisante pour faire adapter notre travail à la situation qui change sans cesse sur le terrain et réussir le projet que nous avons tenté.
Pour ce projet, nous avons formé huit comités de districts, chacun d’eux composé de douze citoyens de différents background –professeurs, étudiants, scouts non sectaires, propriétaires de commerces, architectes, etc- mais tous avait en commun le désir de travailler ensemble pour réaliser un changement.
Le premier pas était le besoin de renforcer les citoyens en lui fournissant les connaissances nécessaires pour assurer leur participation effective. Pour cela, un séminaires de deux semaines a été organisé comprenant un programme d’éducation aux fonctions de l’état, aux mécanismes électoraux, à la manière de faire du lobby pour faire passer une loi et au travail des différents ministères et la manière de collaborer avec eux. Le séminaire a également fournit les notions de base de la communication.
Grace à ce séminaire de formation, chacun de ces comités de districts a donc pu commencer son travail dans sa propre zone géographique pour rassembler les citoyens autour de sujets d’intérêt commun, comme les problèmes d’environnement, le refus de l’accumulation des ordures, le nettoyage des rues et des voies publiques, l’éclairage des parcs et des terrains de jeu, la santé publique, l’éducation, et les maisons des communes. Un des comités a même obtenu un siège consultatif au sein de son conseil municipal.
Après avoir identifié les besoins, les participants ont commencé le travail sur des sujets spécifiques, comprenant l’amélioration de l’état des routes, l’aide aux enfants de la rue, la plantation d’arbres d’une manière systématique. Le travail s’est basé sur la collecte des preuves et le lobbying pour changer les situations.
Les résultats initiaux sur le terrain seront perçus dans quelques mois, mais le projet semble déjà avoir atteint ses principaux objectifs : promouvoir la participation citoyenne dans les affaires publiques locales. « Nous somme confiants que ceci n’est que la première vague et qu’elle s’étendra sur toute la société à travers une meilleure efficacité, une plus grande transparence et la responsabilisation des autorités locales.