Une ONG locale place les questions de la femme au cœur des suffrages en Algérie
Alors que les élections législatives en Algérie s’approchent, une ONG locale ne cesse de travailler avec les votants, surtout les femmes, pour leur donner de bonnes raisons pour aller voter.
L’année dernière, le Centre d’Information et de Documentation sur les Droits de l’Enfant et de la Femme (CIDDEF) a effectué une étude qui a révélé que l’Algérie trainait à la 120ème position au niveau mondial en terme de participation de la femme dans la vie politique. Sur la base de cette étude et d’une subvention de MEPI, cette association s’acharne à pousser les candidats à définir leurs positions sur un nombre de problèmes –dont le manque de représentativité politique des femmes- puis à promouvoir ces positions auprès de l’opinion publique.
“A l’heure actuelle, il y a un déséquilibre flagrant au niveau du Parlement”, a dit Linda Bouadma, chef du Projet CIDDEF. « Aujourd’hui, 6% seulement des parlementaires sont des femmes, et la situation est encore pire au sein du Conseil de la Nation. Sur les 144 membres, seuls 4 sont des femmes, donc moins de 3% ».
CIDDEF est déterminée à changer ce taux, tout en s’engageant à faire avancer d’autres réformes tout aussi importantes, en incitant les partis politiques à diffuser leurs positions sur des thèmes majeurs bien avant les élections prévues pour le 17 mai. Parmi ces thèmes nous citons le Code de la Famille, la Violence contre les Femmes et les Enfants, la Santé de la Femme, et le Chômage, ainsi que la proposition d’un système de quotas pour garantir l’élection de plus de femmes au Parlement.
Dans le cadre de sa mini-subvention acquise auprès de MEPI, CIDDEF a conçu et distribué des questionnaires aux candidats pour expliquer ces thèmes parmi d’autres, et prévoit la diffusion de huit programmes radio pour promouvoir ces thèmes auprès des votants. Cette ONG essaie aussi de sensibiliser le public aux campagnes électorales en mettant à la disposition des journalistes des bulletins quotidiens d’informations, en produisant des posters et des brochures distribués à travers le pays, et en organisant des conférences réunissant des candidats et des représentants de la presse.
La première conférence intitulée « Rôle de la Femme dans la Société » organisée le 14 février, a réuni des représentants de 4 des 9 plus importants partis politiques algériens ainsi que 9 représentants des médias. Les partis ont eu l’occasion de débattre de la question des quotas et la nécessité non seulement pour plus de représentation féminine eu sein des partis, mais pour une plus grande implication des femmes politiciennes dans la vie des partis.
“Cette première conference a été extrèmement bénéfique” a dit Bouadma, “mais pour la prochaine, je ferais en sorte d’informer les journalistes assez à l’avance afin qu’il puissent avoir une meilleur idée de la teneur des débats et des positions spécifiques de chaque parti ». La prochaine conférence, prévue pour le 14 mars sera axée sur le Code de la Famille et la Violence contre les Femmes.
A travers ces activités, CIDDEF espère responsabiliser les candidats et encourager une participation politique plus accrue des algériens, tout en donnant aux femmes plus de voix aussi bien au niveau des élections que celui du nombre de leaders du futur.